Ramonage maison

Faire son ramonage soi-même : le guide honnête d’un ramoneur des Hautes-Alpes

Faire son ramonage soi-même ? Oui, c’est possible, mais… !
Chaque automne, je reçois des appels de particuliers des Hautes-Alpes ou de l’Oisans qui ont fait leur ramonage eux-mêmes parfois depuis des années, sans problème et souhaite seulement faire vérifier de temps à autre le conduit. D’autres m’appellent parce qu’ils ont un feu de conduit, ou parce que leur assureur leur réclame un certificat qu’ils n’ont pas.

Je crée cet article pour tous, parce que votre sécurité est ma priorité, si vous souhaitez faire votre ramonage vous-même, autant que vous le fassiez bien.

Mécaniquement avec un hérisson ou chimiquement avec une bûche de ramonage, un bricoleur motivé peut tout à fait entretenir son conduit. Mais voilà ce que beaucoup ignorent : un ramonage professionnel reste obligatoire au moins une fois par an (deux fois pour le chauffage au bois). Pourquoi ?

  • pour obtenir l’attestation que votre assureur peut vous réclamer, 
  • pour détecter la formation de bistre
  • pour éviter une amende qui peut aller jusqu’à 450 €. 

Je suis Maxime, ramoneur en Oisans et dans les Hautes-Alpes. Ce guide, c’est tout ce que vous devez savoir avant de monter sur votre toit.

Faire son ramonage soi-même par le toit : la méthode qui ne salit pas votre salon

Si vous avez le vertige, passez à la section suivante. Mais si l’accès à votre toiture est raisonnable, passez par le haut : c’est de loin la méthode la plus propre et donc ma préférée. La suie tombe directement vers le bas dans la cheminée, pas dans votre pièce de vie.

Préparation 

Avant de monter, placez une grande bassine dans le foyer et obstruez l’ouverture avec une bâche. Retirez le chapeau de cheminée, introduisez la canne de ramonage dans le conduit, et faites des va-et-vient avec une légère rotation pour gratter les parois. Progressez mètre par mètre. Comptez environ une heure.

Équipement toit obligatoire : chaussures antidérapantes, et harnais antichute dès que la pente est marquée.

Avant de monter, vérifiez que votre toiture est accessible et non verglacée (dans nos coins des Hautes-Alpes et de l’Oisans, dès l’automne, ça peut aller vite). Si votre conduit est tubé avec un tubage flexible, oubliez le hérisson rigide et oubliez aussi le passage par le toit. Ce n’est pas adapté à toutes les configurations.

Matériel pour faire son ramonage soi-même 

Hérisson adapté au diamètre du conduit, tiges flexibles, brosse métallique, bassine, bâche de protection, aspirateur à cendres, gants, lunettes, masque anti-poussières.

Et une bombe insecticide anti-guêpes et frelons à portée de main. Pourquoi ? Parce qu’au premier passage du hérisson, si un nid loge dans le conduit, vous allez le déranger. Et ça peut devenir une très mauvaise journée très vite. Gardez vos distances lors du premier aller-retour, observez, et intervenez si besoin avant de continuer. C’est pourquoi je fais une inspection caméra avant de commencer votre ramonage ! 

Un ramonage ce n’est pas que votre conduit 

Un vrai ramonage qui protège les performances de votre appareil de chauffe, ce n’est pas juste un passage dans votre conduit d’évacuation des fumées ! Pour ma part, un vrai ramonage, celui que je pratique, c’est un décrassage complet. 

N’oubliez pas les entrées d’air. Un poêle à bois ou un insert a besoin d’air pour fonctionner correctement : si l’entrée d’air est obstruée (grille encrassée, orifice bouché), vous aurez une combustion incomplète qui entraine plus de monoxyde de carbone (risque d’intoxication plus élevé) et plus de suie (plus de résidus). Pensez à faire une vérification rapide à chaque ramonage.

Découvrir mon service de ramonage

Les bûches de ramonage chimiques : un bon complément, pas un ramonage

Les bûches de ramonage sont pratiques : on les brûle dans le poêle ou l’insert, les agents chimiques (sels minéraux, sulfate de cuivre) ramollissent les dépôts légers sur les parois du conduit. C’est utile en cours de saison pour limiter l’accumulation entre deux ramonages.

Mais soyons directs : une bûche de ramonage ne remplace pas le ramonage mécanique. Son action reste superficielle. Elle n’élimine pas un bistre épais, ne détecte rien, et ne produit aucun document valable pour votre assurance.

Ce que votre hérisson ne voit pas : bistre, nids d’oiseaux et essaims

C’est là où le ramonage maison trouve ses limites.

Détection de bistre

Ce dépôt noir, brillant et collant, très différent de la suie sèche est extrêmement inflammable et la première cause des feux de conduit. Un particulier ne le voit généralement pas. Pour ma part, je passe une caméra d’inspection dans le conduit pour vérifier que rien n’obstrue le passage : un nid d’abeilles ou de frelons peut être simplement poussé par le hérisson sans être repéré.

Les nids d’oiseaux et autres obstruction de conduit : les intoxications au monoxyde de carbone

Au printemps, les oiseaux adorent s’installer en haut d’un conduit. Le nid glisse, se coince, et vous vous retrouvez avec une obstruction totale : refoulement des fumées, risque d’intoxication au monoxyde de carbone.

Le monoxyde de carbone est inodore, incolore, indétectable sans appareil. Chaque année en France, il cause entre 3 000 et 5 000 intoxications et près de 100 morts. Un conduit obstrué (par un nid, par du bistre, par un tubage défaillant) peut transformer votre pièce de vie en chambre à gaz en quelques heures sans que personne ne s’en rende compte. C’est ça, le vrai risque d’un ramonage raté. Pensez à vous équiper d’un détecteur, c’est vraiment un moindre mal qui peut sauver votre vie et celle de toute la famille.

Pour ce qui est d’éviter les nids d’oiseaux dans le conduits, la solution est simple et peu coûteuse : une grille en haut du conduit. Elle ne bloque pas les guêpes (d’où la caméra), mais elle arrête les oiseaux.

Réglementation ramonage : pourquoi un professionnel reste incontournable

Depuis le décret n° 2023-641 du 20 juillet 2023, applicable sur tout le territoire français, Hautes-Alpes et Oisans compris, deux ramonages par an sont obligatoires pour le chauffage au bois, dont au moins un pendant la période d’utilisation.

Le ramonage maison n’a aucune valeur légale. Seul un professionnel qualifié peut délivrer le certificat que votre assureur peut vous réclamer après un sinistre. On dit que sans ce document, l’indemnisation peut être refusée ou fortement réduite.

Ce que votre assureur peut vraiment faire : il peut invoquer une clause de déchéance pour refuser l’indemnisation, mais uniquement si cette clause est rédigée en caractères apparents dans votre contrat (article L.112-4 du Code des assurances), ET s’il peut prouver un lien de causalité entre l’absence de certificat et le sinistre. Ce n’est pas automatique, votre assureur doit pouvoir apporter la preuve que le sinistre est lié à un mauvais ramonage. En revanche, si un expert constate du bistre dans le conduit, là vous n’avez plus grand-chose à dire. D’où l’importance de ne pas attendre.

En revanche, l’amende en cas de non-conformité commence à 68 €, mais peut monter jusqu’à 450 € selon le gouvernement.

En Oisans et dans les Hautes-Alpes, le bistre se forme plus vite qu’ailleurs

Je le constate chaque saison. Dans nos vallées alpines, la saison de chauffe s’étend facilement d’octobre à mai : six à sept mois de feu, souvent avec du bois résineux local,  (sapin, mélèze, épicéa) plus riche en résines que le chêne ou le hêtre. L’Oisans et les vallées reculée des Hautes-Alpes sont humides, les températures chutent brutalement la nuit, les fumées refroidissent vite dans les conduits. La condensation faisant son œuvre, le bistre se forme plus rapidement. 

Deux ramonages par an, c’est vraiment le minimum dans nos conditions. Le premier, vous pouvez le faire vous-même si vous êtes à l’aise sur un toit. Le second, celui de l’automne, avant de rallumer pour l’hiver, c’est là que j’interviens : nettoyage en profondeur, passage caméra, et attestation valable pour toute la saison.

Faire son ramonage soi-même est une bonne chose : ça demande un peu de matériel, quelques précautions (et une bombe anti-guêpes à portée de main), mais c’est tout à fait accessible à un bricoleur sérieux. Ajoutez une bûche de ramonage en cours de saison, et votre conduit sera bien entretenu. Mais ne faites pas l’impasse sur le passage professionnel annuel : c’est lui qui vous protège vraiment : de l’incendie, du monoxyde de carbone, et d’une mauvaise surprise avec votre assureur. 

Vous êtes dans les Hautes-Alpes ou en Oisans ? Je me déplace pour votre ramonage annuel avec passage caméra et délivrance de l’attestation. Prenez contact pour un devis, je réponds sous 24h.

  1. La bûche de ramonage compte-t-elle comme un ramonage pour l’assurance ?

    Non. Une bûche de ramonage n’est pas reconnue comme ramonage légal, même si elle entretient utilement le conduit entre deux passages professionnels.

  2. Peut-on ramoner par le bas, sans monter sur le toit ?

    Oui, avec un hérisson et des cannes flexibles, on remonte le conduit depuis le foyer. C’est moins propre (la suie tombe vers vous et le foyer est ouvert), mais c’est faisable si votre accès au toit est impossible ou dangereux, ce qui arrive souvent en hiver dans les Hautes-Alpes.
    Personnellement, je privilégie toujours le ramonage par le toit quand c’est possible, sinon, j’ai un équipement spécial pour évité que la suie ne vole partout dans la pièce.

  3. Combien coûte un ramonage professionnel dans les Hautes-Alpes ?

    Chez Gap Ramonage & Cie le ramonage bois est à 80 €.

  4. Mon assureur peut-il refuser de m’indemniser si je ramone moi-même ?

    C’est possible, pas automatique. Votre assureur doit pouvoir prouver le lien de causalité entre le sinistre et le ramonage non professionnel. Mais si l’expert trouve du bistre dans le conduit, il n’y aura plus rien dire.
    Voir la section “Réglementation” ci-dessus.

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